L’erreur de trop – Nouvel intervenant

L'erreur de trop - Nouvel intervenant, kaléidoscope de moi, bamba aida marguerite, nouvelle
  • L, que fais-tu ce soir ?

Assise à mon post, je me tourne vers une de mes collègues de travail avec le sourire. Je ne sais pas trop ce que je vais faire ce soir, mais j’ai envie de sortir et prendre du temps pour moi. On est vendredi soir ! 

  • Je ne sais pas trop. Je vais peut être sortir prendre un pot et toi ?
  • Je vais passer une soirée cinéma avec monsieur et les enfants. Tu es la bienvenue si ça te dit ?
  • Je ne vais pas déranger ! Mais tu es gentille de me proposer cela. Passe un bon week-end !

Cela fait trois mois que j’occupe mon nouveau poste. Ma patronne est un ange tombé du ciel ! Elle est tellement gentille que rien que d’y penser les larmes me monte aux yeux.

Actuellement, elle est en déplacement hors du pays. Je range mes affaires et me dirige vers la sortie de l’entreprise. J’ai décidé de me rendre au plus grand hôtel de la ville afin de passer une soirée avec des cocktails et de la musique. À la maison, je m’occupe de ma chienne avant de prendre une bonne douche et de me faire belle.

J’enfile une robe noire, une petite veste, des sandales à talon, je rassemble ma chevelure rebelle en une queue de cheval, je me passe un trait de eye-liner, un rouge à lèvres et me voilà en route pour ma soirée détente.

Dans le hall de l’hôtel, tous les regards tournent vers moi. Je ne suis plus vraiment habituée à ce genre de choses. J’avance vite jusqu’au bar et m’installe en lançant un sourire au gérant.

  • Bonsoir Mme, voici notre carte. 
  • Merci, mais est-ce que je peux avoir un verre de martini blanc avec du citron ?

Derrière moi, l’orchestre joue let it go de Tony Braxton, un classique. Je suis aux anges.

Je me trémousse sur ma chaise en sirotant mon martini.

Une main se pose sur mes hanches et mon sang se glace dans mes veines. Je reconnaîtrais cette poigne entre toutes. Je sais que c’est lui. Son odeur, sauvage de Dior, m’enveloppe tel un nuage annonçant la pluie.

Il s’approche de mes oreilles me faisant frissonner.

  • B je t’ai cherché… où étais-tu ? Pourquoi m’as-tu fui de la sorte ? Je veux des réponses et tu vas me suivre pour me les donner.

Je me parle intérieurement. Nous sommes dans un endroit public, il ne peut rien contre moi. Je fouille maladroitement dans mon sac et jette sur le bar l’argent de ma tournée avant de descendre de ma chaise et de m’éloigner aussi vite que je peux. Je marche précipitamment vers la sortie de l’hôtel.

Je ne regarde pas derrière moi de peur de paniquer et de me faire rattraper. À la voiture, mes mains tremblent tellement que je lâche les clés au sol.

J’essaye de m’abaisser quand je me retrouve plaquée contre la portière. Il me fixe avec colère, mais avec un désir sourd aussi.

Une de ces mains me paralyse tandis que l’autre glisse sur un sein et le presse avec hardiesse.

Je ferme les yeux pour ne pas voir venir et je suis surprise de ne plus sentir ses mains sur moi. J’ouvre les yeux et vois un homme mettre un poing au visage de mon agresseur. Je ne veux pas rester et voir mon sauveur se faire battre et devoir subir d’autres violences à nouveau.

Je récupère ma clé, glisse derrière mon volant et rentre chez moi.

Je passe une nuit agitée pleine de rêves ou mon ex-patron parcourt toutes les parcelles de mon corps sans répits. Je me réveille à l’aube en sueur et confuse quant à ce que je ressens vraiment. La douche froide et le petit déjeuner complet n’arrivent pas à me remettre les idées en place. Je décide d’aller faire du sport pour me changer les idées. Je vais en profiter pour faire sortir ma chienne.

Dans la rue, l’air froid du matin me fait du bien et à ma chienne aussi ! c’est elle qui dicte la cadence.

Je sursaute en sentant une main sur mon épaule et me retourne brusquement manquant de tomber. Je reconnais vaguement le monsieur qui est venu à mon secours la veille. J’ôte mes écouteurs et le regarde se présenter.

  • Je suis K le neveu de votre patronne. J’habite dans le quartier et comme ma tante est en déplacement actuellement, elle m’a demandé de vous surveiller. Je suis heureux d’avoir pu vous éviter le pire hier. 
  • Je vous remercie. Elle m’avait parlé de vous et je me demandais quand je vous verrais. Désolée que notre premier contact ait été dans ces circonstances là. 
  • Ne vous excusez pas ! je pense que votre ex-patron a compris et qu’à l’avenir s’il vous voit en ville, il vous évitera. 
  • Je l’espère aussi parce que là, j’ai peur de dormir, je fais des cauchemars et tout. 
  • J’imagine et je suis désolé. Je peux vous tenir compagnie ?
  • Pourquoi pas ?

Nous continuons le sport en silence et finalement nous posons à une terrasse pour prendre un café. K est avocat international et n’est pas souvent en ville. Il voyage beaucoup. Il adore les chiens, sa tante, et le sport. Il me pose des questions sur moi, et surtout ne revient pas sur cette affaire avec mon ex-patron. J’apprécie.

On retourne chez moi et il me montre sa maison quatre pâtés plus loin. Je le remercie pour son aide la veille et sa présence ce matin et je rentre chez moi.

J’ai envie de voir mes parents. Depuis ma dernière visite, je ne les ai plus visités. En fin de soirée, après m’être reposée, j’enfile une robe noire et me rends chez eux. Maman et papa sont comme d’habitude devant la télévision à discuter sur les actualités. Ils sont heureux de me voir même si avant ils ne manquent pas de se plaindre du fait que ces derniers temps je ne sois pas très disponible pour eux. Je m’excuse et les serre dans mes bras pour récupérer un peu de réconfort. On passe un bon moment ensemble et je rentre chez moi aux environs de minuit. Au moment où le gardien m’ouvre la porte, je vois M. K de dirigeant à grands pas vers moi.

  • Où est ce que vous étiez, Mlle B ?
  • Chez mes parents, pourquoi ?
  • Je me suis fait un sang d’encre. Vous n’avez pas l’habitude de sortir du tard. 
  • Je sais, mais cela me surprend que vous le sachiez aussi, M. K
  • Je vous rappelle que je vous surveille. Mais du moment que vous êtes saine et sauve, je peux dormir en paix. 

Là, j’ai une idée ridicule que je ne peux contenir.

  • Et si on se faisait une soirée cinéma ? Demain c’est dimanche on aura tout le temps de dormir. 

Mr K me fixe quelques minutes, et répond finalement : pourquoi pas ?

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Je suis d'abord Ingénieur des industries agro-alimentaire ensuite blogueuse, content writer, écrivain de nouvelles à mes heures perdues, passionnée de cuisine et de tout ce qui s'y rapporte, de musique aussi et enfin de ce qui aurait du passer en premier à savoir la lecture.

5 commentaires sur « L’erreur de trop – Nouvel intervenant »

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