Bouaké, Côte d’Ivoire, quartier Belleville 2. Il est 16 h et l’odeur appétissante du petit poisson frit et des allocos bien dorés flotte dans l’air. Ma grand-mère, Nan, m’accueille dans la cour ombragée après une longue journée passée au champ. Un doux parfum d’encens brûle dans la maison. Elle me sourit et me tend une assiette de friandises, pendant que la radio diffuse en fond une mélodie mandingue familière de Sekouba Bambino. Je la regarde s’assoupir devant la télévision en début de soirée, puis se réveiller en sursaut en niant s’être endormie. Malicieuse habitude de mère en fille dans la famille. Cette scène, je la revois comme si j’y étais…
Bamako de Richkoff : voyage olfactif dans mes souvenirs d’enfance
…Et puis la réalité me rattrape : je ne suis pas réellement à Bouaké en ce moment. Je suis chez moi, en 2026, un flacon de Bamako de Richkoff ouvert entre les mains. Il a suffi d’une seule vaporisation de ce parfum pour que tout mon passé resurgisse avec une intensité saisissante. Bamako m’a offert un véritable voyage olfactif à travers le temps, me transportant au cœur de mes plus tendres souvenirs d’enfance.
Épices, encens et pure émotion : la magie de Bamako
Comment une fragrance peut-elle provoquer un tel bond dans le passé ? La réponse réside sans doute dans la richesse de sa composition, ancrée dans la culture d’Afrique de l’Ouest. Dès les premières notes de tête, un mélange épicé de clou de girofle, de cardamome et de gingembre, une chaleur familière m’envahit. Ce départ vif et réconfortant capte instantanément mon attention et mes sens.
Puis viennent les notes de cœur de Bamako : une envolée de rose et de thiouraye, mêlée aux accords profonds de cuir et de patchouli. Le thiouraye, cet encens traditionnel aux arômes sucrés et boisés, est la clé de voûte de mon souvenir. C’est exactement cette odeur d’encens qui flottait dans la chambre de Nan et imprégnait ses vêtements rangés dans l’armoire en bois. En fermant les yeux, j’ai l’impression de respirer à nouveau l’air de sa maison : un mélange de rose poudrée (peut-être le parfum de ses foulards ou de son savon), de fumée d’encens et de terre humide ramenée du champ. Les touches de cuir et de patchouli ajoutent une dimension authentique, presque rustique.
Enfin, le parfum évolue vers un sillage de fond doux et enveloppant. Les notes de musc blanc, de santal, de vétiver, de praline et d’oud s’entrelacent pour laisser sur ma peau une caresse olfactive persistante. C’est une senteur à la fois propre et sensuelle (le musc blanc), boisée et apaisante (le santal et le vétiver), avec une subtile gourmandise apportée par la praline. Ce fond me procure le même sentiment de confort absolu que lorsque ma grand-mère me prenait dans ses bras en fin de journée, ou quand je m’endormais paisiblement enveloppée dans un pagne imprégné de l’odeur de la maison. L’oud, bois précieux souvent utilisé dans les parfums orientaux, ajoute une profondeur mystique à l’ensemble comme un lien sacré entre le présent et le passé.
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Un parfum, des émotions inoubliables
Le moins que je puisse dire, c’est que Bamako de Richkoff m’a fait vivre une expérience émotionnelle rare. Ce parfum a réussi à réunir en quelques notes tout un pan de ma vie que je pensais révolu, prouvant à quel point l’odorat est un sens puissant et évocateur. Il m’a fait pleurer, en me remémorant l’absence de ma grand-mère disparue il y a deux ans, mais il m’a aussi fait sourire, en ravivant des moments heureux que j’avais presque oubliés. L’espace d’un instant, j’ai eu l’illusion de la retrouver, de ressentir sa présence bienveillante à travers ces effluves familiers.
En tant qu’amatrice de parfums, cette expérience m’a rappelé l’essence même d’une fragrance : au-delà des tendances, du marketing ou de la recherche de la tenue parfaite, un parfum est avant tout une émotion liquide. C’est un catalyseur de souvenirs, capable de transformer quelques gouttes en madeleine de Proust. Bamako appartient à cette catégorie précieuse de parfums qui ont une âme et racontent une histoire. Chaque pulvérisation est pour moi un voyage à la fois intime et universel, car qui n’a jamais été transporté par une odeur familière ?
Je tiens à remercier chaleureusement Richkoff, la maison de parfumerie de niche ivoirienne à l’origine de cette création, pour ce cadeau olfactif hors du commun. Grâce à Bamako, j’ai non seulement découvert une magnifique fragrance, mais j’ai surtout renoué avec une partie de moi-même. Ce parfum tel un talisman, est un lien précieux entre hier et aujourd’hui, entre Bouaké et Abidjan, entre ma grand-mère et moi.
Et vous, avez-vous déjà croisé un parfum qui a réveillé en vous des souvenirs lointains ? Partagez vos anecdotes en commentaire – car les parfums les plus chers ne sont pas forcément ceux qui coûtent le plus, ce sont ceux qui touchent notre cœur.
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