AYA DE YOPOUGON

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Film Aya de Yopougon tiré des premiers tomes de la bande dessinée Aya de Yopougon de l’auteure Marguerite Abouet et de l’illustrateur Clement Oubrerie sort à l’Institut Français, ancien Centre Culturel Français sis au Plateau (Quartier des affaires de la ville d’Abidjan). Pour moi cette projection est l’occasion de découvrir et l’institut français que j’avais jusque-là entrevu à travers les vitres des taxis. Et, voir enfin Aya de Yopougon que je ne connaissais que de nom.

C’est donc un peu anxieuse que j’achète mon ticket, sésame d’entrée dans la salle de projection de l’Institut Français. Je suis à l’entrée fouillée et je dois même sortir tous les objets métalliques contenus dans mon sac. Ceci fait, on m’indique le chemin à suivre pour me rendre à la salle de projection.

Je traverse une sorte de bibliothèque avant de passer la porte qui me transpose dans une réplique du cinéma le Capitole de Bouaké (ville de Côte d’Ivoire) à savoir, une salle composée de sièges en velours rouges qui sont disposés en une pente et qui s’arrêtent au niveau de l’estrade où se trouve l’écran de cinéma.

Je m’installe sur le premier siège que je trouve et je patiente tandis que la salle se remplit tout doucement. Il y a de tout parmi les spectateurs, mais plus d’Européens que d’Ivoiriens. L’heure de début est largement dépassée et je commence à être impatiente. Il faut dire que j’y suis venue seule et que je ne me sens pas très à l’aise dans ce genre de situation. Finalement, les organisateurs se décident et après une petite introduction le film commence.

Le film se déroule dans la Côte d’Ivoire des années 70 et plus précisément dans la ville d’Abidjan et encore plus précisément dans le célèbre quartier de la joie qu’est la commune de Yopougon.

Youpougon qui s’avère être un lieu d’amusement perpétuel dans les maquis (une sorte de restaurant en plein air avec un espace dédié à la danse) et le fief d’un grand nombre d’individus peu fiables composés de jeunes filles insoumises et prêtes à se donner à de beaux parleurs n’importe où, de jeunes gens inconscients qui ne connaissent pas l’utilisation des préservatifs, de parents alcooliques… bref, une image peu glorieuse de cette commune se déroule sous mes yeux ébahis. Chez les nantis, les choses sont encore pires (de mon point de vue). On est face à des individus qui ont dépassé le seuil de la bourgeoisie et volent très haut. Le tout agrémenté de publicité de mauvais goût (les années 70 craignaient franchement) et d’un français auquel j’ai dû m’adapter (c’est assez surprenant !).

La trame de l’histoire est simple. Aya l’héroïne et seule jeune fille saine d’esprit de la commune de Yopougon à deux amies olé olé que sont Adjoua et Bintou. Bintou gère (entretenir une relation) le fils d’un des hommes les plus riches du pays, Mr Sissoko PDG de Sissoko entreprise qui fabrique les bières Sissoko. La même Bintou gère également un VI (vendeur d’illusion) hyper beau pour l’époque (bas d’éléphant et cheveux en afro). Ce que Bintou ne sait pas, c’est que son amie Adjoua lui envie son succès et décide de lui voler ses petits amis. Pour se faire, elle sort avec le playboy d’abord puis avec l’enfant de riche. Comme ce genre d’attitude n’est pas très saine, elle se retrouve enceinte. Vu que c’est une fille fourbe et sans scrupule, elle décide de mentir en accusant le fils de riche d’être le père de son enfant tout en sachant que ce dernier est celui du playboy. S’ensuivent démarches et prises de décisions.

Je découvre que les hommes riches bien qu’ayant des attitudes détestables peuvent avoir de l’honneur ; que les pauvres sont souvent fourbes et menteurs ; que l’homme de Yopougon dès qu’il devient quelqu’un (réussite) ne pense qu’à devenir infidèle ; que certaines femmes sont prêtes à tout pour de l’argent même à abandonner leurs enfants ; bref, je suis face à l’horreur le tout sous fond de mélodies bruyantes et de cacophonies assourdissantes.

La personnalité forte et intègre d’Aya ou l’évolution miraculeuse du cousin de Bintou ne sont que de fines gouttes dans ce vaste océan de déception et d’effarement qui m’habite.

Je sors en courant de cette salle dès le film fini en espérant ne plus le revoir.

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Je suis d'abord Ingénieur des industries agro-alimentaire ensuite blogueuse, content writer, écrivain de nouvelles à mes heures perdues, passionnée de cuisine et de tout ce qui s'y rapporte, de musique aussi et enfin de ce qui aurait du passer en premier à savoir la lecture.

5 thoughts on “AYA DE YOPOUGON

  1. Je lis assez souvent votre blog et j’apprécie certains de vos articles mais là il faut reconnaitre que votre analyse de ce film animé laisse songeur. Certes c’est un blog et on n’est pas tous obligés d’apprécier les mêmes choses mais les extrapolations que vous faites sur « les pauvres fourbes et menteurs » ou « l’homme de Yopougon qui devient infidèle quand il réussit » ne sont nullement suggérés par l’auteur. Il s’agit de personnages qui racontent une histoire et je suis quand même surprise qu’il vous ai fallu regarder Aya de Yopougon pour découvrir que certaines femmes sont prêtes à tout pour de l’argent… Et navrée que vous soyez tombées de haut en le découvrant mais ça existe aussi dans la vraie vie les « jeunes filles insoumises et prêtes à se donner à de beaux parleurs  » et « les parents alcooliques » (que ce soit à Yopougon ou ailleurs) je ne vois pas pourquoi ça serait mal de le décrire dans un film animé ou une bande dessinée. Je m’arrête là. Recevez d’avance mes excuses si quelque chose vous a vexé dans mon commentaire. Merci et passez bon week end

    Aimé par 1 personne

    1. Ne vous excusez pas. Je comprends votre point de vu et je vous rassure, je ne suis pas tombée des nues. Mais, je pense que pour un film animé qui est projeté dans les vols étrangers, il ne donne pas une belle image des jeunes filles de chez nous pour ne citer que ce point. Et vous connaissez la nature humaine, les gens ont tendance à se contenter de peu pour juger surtout ceux qui ignorent tout de nous et qui débarquent à la recherche de ces filles faciles prêtes à tout pour de l’argent. Même si elles existent comme partout dans le monde, ce n’est pas une raison pour en faire une apologie. Je pense qu’il y a des sujets plus valorisant à aborder.
      Bon week end à vous également.

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      1. Vous avez raison c’est vrai vu sous cet angle là… Je trouve quand même ce film animé très amusant et j’ai apprécié la saga en bande dessinée. Je vous souhaite bonne continuation dans l’écriture de votre blog qui est assez intéressant. A plus!

        Aimé par 1 personne

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