En Côte d’Ivoire, doit-on manger ou pas à un premier rendez-vous ?

Aujourd’hui on va parler de relations.

De sentiments.

Et d’attiéké-poulet aussi. Oui.

En Côte d’Ivoire, doit-on manger ou pas à un premier rendez-vous ?

Parce qu’apparemment, en 2026, en Côte d’Ivoire, accepter de manger à un premier rendez-vous serait devenu un acte à haut risque diplomatique.

J’ai lu ces dernières années des posts, des statuts, des débats enflammés expliquant que dîner ou déjeuner lors d’un premier rendez-vous impliquerait automatiquement un “repos” à l’hôtel. Oui. Comme si le menu venait avec une chambre incluse.

Et je me suis posé une question simple :

Depuis quand un plat de poisson braisé donne-t-il un droit d’accès à quatre murs ?

Un premier rendez-vous, c’est quoi exactement ?

À lire > Rose Cardamome de La Closerie des Parfums : quand la peau devient un langage

Un premier rendez-vous, c’est la rencontre de deux personnes qui ne se sont jamais vues.

Deux inconnus.

Deux voix qui ont échangé derrière un écran.

Il n’y a pas d’histoire commune.

Pas d’engagement.

Pas de contrat signé.

Alors comment passe-t-on de “On se voit pour apprendre à se connaître” à “Tu savais pourquoi je t’invitais” ?

C’est là que commencent les incompréhensions.

Les scènes.

Les disputes.

Les “Tu m’as fait perdre mon temps”.

Les “Je ne suis pas ce genre de fille”.

Les “Tu te prends pour qui ?”.

Et tout ça… à cause d’un plat.

Doit-on désormais demander les conditions de l’invitation ?

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Faut-il aujourd’hui poser la question avant d’accepter ?

“Excuse-moi, cette invitation inclut-elle une extension nocturne ?”

“Le dessert est-il conditionné à une chambre ?”

“Y a-t-il des clauses cachées ?”

C’est absurde. Et pourtant.

Certaines femmes préfèrent ne pas manger.

D’autres commandent juste un jus.

Certaines proposent de payer pour elles-mêmes pour éviter toute “dette morale”.

Mais alors, si chacun paie pour soi, est-ce toujours une invitation ?

Et si inviter signifie attendre un retour physique, est-ce encore une invitation ?

Ou est-ce une transaction déguisée ?

Le vrai problème : la définition du mot “inviter”

Le problème n’est pas le restaurant.

Le problème n’est pas l’addition.

Le problème, c’est la confusion autour du mot invitation.

Inviter, ce n’est pas acheter.

Inviter, ce n’est pas investir en espérant un rendement corporel.

Inviter, ce n’est pas avancer des frais en attendant un remboursement en nature.

Inviter, c’est proposer un moment.

Un temps.

Une découverte.

Si ce moment doit obligatoirement se terminer à l’hôtel, alors ce n’est plus une invitation. C’est une négociation mal formulée.

Et peut-être qu’il faudrait commencer par appeler les choses autrement.

Manger ou ne pas manger, telle est la question ?

Faut-il se priver pour éviter d’être “redevable” ?

Non.

Faut-il payer pour soi pour envoyer un message clair ?

Pourquoi pas, si ça rassure.

Mais surtout, il faut parler.

Clarifier.

Observer.

Un homme qui estime qu’un plat lui donne des droits vous donne déjà une information précieuse sur sa vision des relations. Et parfois, le problème ne se trouve pas dans l’assiette… mais dans l’éducation affective.

Comment éviter les esclandres ?

Voici quelques pistes simples :

Choisir un lieu neutre et court pour un premier rendez-vous (café, glacier, promenade).

Poser les limites subtilement mais clairement.

Observer les réactions quand on dit “Je rentre après”.

Ne jamais accepter par culpabilité.

Et surtout, comprendre que la galanterie ne doit pas être un prétexte à pression.

À quoi mène cette incompréhension ?

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À la méfiance.

À la guerre des sexes.

À des femmes qui se méfient d’une invitation comme d’un piège.

À des hommes qui se sentent “utilisés” pour un plat de riz.

Et au final, personne n’est détendu.

Alors peut-être qu’au lieu de demander “On mange où ?”, il faudrait commencer par demander :

“On se rencontre pour quoi ?”

Parce qu’un premier rendez-vous devrait être léger.

Curieux.

Élégant.

Pas un contrat implicite avec pénalités.

Et vous, vous mangez au premier rendez-vous ?

Ou vous prenez juste un jus… stratégique ?

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Je suis d'abord Ingénieur des industries agro-alimentaire ensuite blogueuse, content writer, écrivain de nouvelles à mes heures perdues, passionnée de cuisine et de tout ce qui s'y rapporte, de musique aussi et enfin de ce qui aurait du passer en premier à savoir la lecture.

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